Edito


TERRITOIRE EN DIRECT
étape 3 territoire(s) pluriel(s)
Le projet Territoire en direct a pour objectif d'accompagner les échanges entre les établissements scolaires et les établissements culturels d'un même territoire.
Pour favoriser ces liens, des ateliers de création (théâtre, vidéo, photographie...) dirigés par des artistes sont proposés aux professeurs dans le temps scolaire ou périscolaire.

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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 11 2008 11:14

La photographie, surface écran, surface de passage


Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol


    L’acte photographique est un acte de découpe. En cadrant, le photographe prélève une part du monde, pour en faire un objet autonome. De deux à trois dimensions, le réel se sépare de la profondeur, pour s’inscrire dans une épaisseur.
    En prenant la palissade comme prétexte, le chantier comme expérience, la ville comme terrain, c’est de notre vision qu’il est question. Le réel surgit à “l’état sauvage”, et le photographe l’ordonne, le charge de sens et de composition. Il en fait un projet plastique à double détente : documenter un point de vue sur le monde et créer un langage plastique spécifique.


Une équipe composée de professeurs du lycée Jean Lurçat, sites Patay et Gobelins confondus sont réunis à la maison du geste et de l'image mercredi 12 novembre pour une première journée de formation autour de la résidence du photographe Eric Aupol dans leur établissement.
(Professeurs de vente, de français, d'éducation esthétique et arts appliqués, professeurs à la Ville pour Ecole, documentalistes)

La résidence d'Eric Aupol  s'articule autour de son travail personnel d'artiste et des travaux d'élèves. Sa présence dans l'établissement pose la question de la création d'une oeuvre in situ qui doit faire partie intégrante du futur établissement. Ce projet est retenu par le Ministère de la Culture dans le cadre de :"Ecriture et lumière".
Pour l'instant on peut déplorer un manque de reconnaissance des acteurs du chantier envers l'artiste invité. Leur collaboration  ne semble pas être effective, ce qui rend le travail d'Eric Aupol et des professeurs incertain.
L'insertion de l'oeuvre produite par le photographe et les élèves fait cependant partie du cahier des charges de cette résidence.
Suite à cette réunion certains enseignants se mobilisent et souhaitent  être associés au montage du
dossier destiné au Conseil Régional.
Comment architecture art et pédagogie vont-ils coexister? Cette expérience sera riche en observation et questionnement.


Une brochure ou un DVD devrait témoigner de l'originalité de cette entreprise et du caractère formateur d'une  résidence en milieu scolaire.


Madame Panato, directrice de la MGI, a souligné l'intérêt suscité auprès du ministère par ce projet. Il met  en effet, en lumière des passerelles entre enseignants et le travail d'équipe nécessaire autour d'un pôle "histoire des arts".
Des liens avec la manufacture des Gobelins, voisine du lycée, sont a tisser. Le regard sur le  patrimoine peut être enrichi par un intérêt correspondant au contemporain.


Certaines collaborations ont  déjà commencé:
Mahiedine Ensigha (professeur de vente) avec Joëlle Maneux ont commencé le travail en s'intéressant aux photographie du site pour créer un flyer ayant pour objectif de faire venir des anciens élèves. Pour l'instant, peu ont répondu à l'appel. Les élèves ont commencé par interviewer d'anciens professeurs. Ils s'appuient sur l'ouvrage "Je me souviens du 13e" et de la plaque commémorative des enfants déportés de l'établissement.
Des images sont à exploiter à la bibliothèque nationale ainsi que des documents sur les bâtiments scolaires au Pavillon de l'Arsenal.
Fabienne Rio (documentaliste sur le site de Patay) effectue un travail de recherche au niveau des archives.
Sophie Eberhard (La Ville pour Ecole) se penche sur des portraits d'ouvriers....

1.    La photographie, la découpe : esthétique du prélèvement
Historique:
En 1839 Arago officialise la naissance de la photographie. Ce n'est plus la main de l'artiste mais cette "excroissance" au travers de l'appareil photo qui donne une vision moderne de l'environnement.


Eugène ATGET, effectue un travail d'artiste de fond documentaire en prenant en photo des rues en pleine transformation. Il prend des photos juste après la Commune et immortalise les changements effectués dans Paris à cette période. Il permet la mémoire de ces changements.
En 1910, il travaille sur la "zone"  (Vitry). Il opère un prélèvement sur le réel, celui des "petites gens", catégorie esthétique en soi.
A l'époque son appareil nécessitait un temps de pose élevé; il se mettait en scène par accident ou volontairement.
Les notions d'espace urbain, photographie,  synchronicité d'éléments disparates séduisent les surréalistes. Cette mise à distance du réel correspond aux prémices du courant contemporain. C'est l'esprit de la palissade avec ce qui est montré/caché.
Atget est l'opérateur. Exemple photo de la prostituée où il fait ressortir sa dignité.
Il n'est évidemment pas reconnu à son époque et il mourra dans l'indifférence et la pauvreté.
Son assistante Bérénice Abott fera reconnaître son travail comme une histoire autonome.

Bernd et Hilla BECHER, (école allemande) au musée d'art moderne en ce moment. Photos en hommage à Atget, devantures d'usines, typologies de châteaux d'eau, chaudières.
Idées de sérialité. L'oeuvre se met en place par la succession d'images.

Eric AUPOL
La couleur devient un élément plastique. Il va chercher là où elle est absente dans le réel.


Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol

Travail à Soissons dans une usine de recyclage de verre; paysage en complète transformation, une véritable palissade.

Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol

Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol


Un autre travail sur les portraits - Typologie des marges: le spectateur s'avance vers le portrait pour découvrir l'identité de la personne. Travail sur les marques sociales.

Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol

 



Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol

 



Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol


Courtesy Galerie Polaris © Eric Aupol


Eric Aupol se positionne au seuil de deux écoles: celle d'Atget avec son regard plus documentaire et l'école allemande plus près d'une pratique plasticienne avec une mise en scène des tirages.

Dziga VERTOV 1929 "l'homme à la caméra" Film historique et de propagande.

La petite ville d'Odessa s'éveille. Un jour comme les autres s'annonce. "L'homme à la caméra" sillonne la ville, son appareil à l'épaule. Il saisit le rythme de la ville et, à travers lui, celui des vies qu'il croise.

Sans parole ni sous-titre, sans acteur ni décor, le film est d'une grande richesse formelle et le montage y joue un rôle central. Film fondateur du Kino-Glaz (ciné-oeil), L'Homme à la caméra est une démonstration, visant à prouver que le cinéma, quand il s'éloigne du récit, est le seul à pouvoir rendre compte de la réalité.


Stéphane COUTURIER

Processus des couches successives qui permettent l'accès au passé et au présent: le chantier , lecture de bas en haut, plan par plan. Courtesy galerie Polaris © Stéphane COUTURIER


Travail sur les non - lieux, lieux génériques


Courtesy galerie Polaris © Stéphane COUTURIER

Courtesy galerie Polaris © Stéphane COUTURIER


Courtesy galerie Polaris © Stéphane COUTURIER

Bibliographie:
La dénivelée Editions du Seuil
Atget Editions Taschen (4,90€)
Essais 2 de Walter Benjamin 1935 - 1940 Editons Médiations

Par Mgi - Publié dans : États des lieux des projets
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