Centre de recherche et d'éducation artistique pour les jeunes, la Maison du geste et de l'image (MGI) propose des parcours de sensibilisation et de création
encadrés par des enseignants et des artistes intervenants.Différentes formules d'ateliers, d'accueils ou de parcours permettent aux adolescents de
découvrir les art visuels et sonores ou le spectacle vivant : photographie, cinéma audiovisuel, théâtre écriture, multimédia...
Edito
TERRITOIRE EN DIRECT étape 3 territoire(s) pluriel(s) Le projet Territoire en direct a pour objectif d'accompagner les échanges entre les établissements scolaires et les établissements culturels d'un même
territoire. Pour favoriser ces liens, des ateliers de création (théâtre, vidéo, photographie...) dirigés par des artistes sont proposés aux professeurs dans le temps
scolaire ou périscolaire.
Trois classes de sixième. Six heures pour partager ensemble une plongée dans le théâtre.
Ces trois classes ont des caractéristiques communes : elles réunissent des élèves qui ne connaissent
pas le théâtre, qui n’y vont jamais hors du cadre scolaire et d’autres qui ont une pratique souvent stéréotypée d’activités artistiques et qui veulent refaire ce qu’ils connaissent
déjà.
La matinée se divise en plusieurs temps d’exercices : - Le cercle parfait. Être présent à soi-même et aux autres
instantanément ; - « Je ne suis pas n’importe qui ». Dans une société où l’on doit toujours
prouver qu’on est quelqu’un, essayer de faire ressentir qu’il suffit d’être ; - Le théâtre grec. Replacer cette journée dans un cadre artistique (et non de pratique
d’une « activité ») ; un art qui vient de loin, qui est né avec la démocratie et qui se transmet de bouche à oreille et de corps à corps depuis plus de deux mille ans. Une façon
de leur faire sentir aux élèves qu’ils participent à une aventure millénaire. - L’art de regarder. La responsabilité du spectateur - il est celui qui voit tout et
celui qui décide du sens de ce qu’il voit. La responsabilité de l’acteur - il donne à voir, il affirme quelque chose : expérience du courage à être sur un plateau. - Lecture du conte choisi (différent pour chacune des classes). - Discussion autour du conte à partir de laquelle se dégagent des centres d’intérêt, des
lignes de forces qui ouvriront le travail de l’après-midi.
L’après-midi est consacré à la plongée dans le conte choisi par chaque classe. Le choix s’est fait quelques semaines auparavant sur mes propositions.
Le Petit Poucet avec la sixième d’Anne Coolen. Vassilissa la Très Belle avec la sixième de Francine Wallerand.
Blanche Neige avec la sixième d’Anne Rousseau
Comme toujours la qualité de la relation des élèves avec le ou les professeurs qui les accompagnent
joue un rôle important dans le fonctionnement de l’atelier, et d’autant plus que ce temps est très court.
Ces parcours contradictoires se heurtent longtemps et c’est petit à petit, au cours de la journée, qu’ils
prennent conscience qu’ils peuvent construire quelque chose en commun qui va ressembler à ce qu’ils sont ensemble et qui ne les annulera pas en tant qu’individus. Un groupe de 17 volontaires issus des trois classes se forme, les séances hebdomadaires se déroulent dans
une salle de classe du collège. Il y a eu une séance de travail où d’un coup m’est apparue une évidence : chaque élève avait une
raison personnelle et parfois secrète d’être là. Pour chacun d’entre eux, pratiquer cet art était relié à une nécessité intérieure et à l’ensemble de leurs
« qualités ».