Louis Jouvet visite Monumenta

Publié le par Mgi

Classe de 1èreES du Lycée Louis Jouvet à Taverny
V
isite de l’exposition Boltanski, Personnes, Grand Palais, 5 février 2010 : textes des élèves

Au-delà des discours explicatifs sur la démarche de l’artiste, les élèves étaient invités à explorer le lieu, à expérimenter les sensations et émotions que l’organisation de l’espace installait en eux, à vivre un instant singulier dont peut-être la reconstruction par des mots établirait, ensuite, le caractère universel.

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« Le sentiment général que j’ai eu lors de l’exposition a été un sentiment solennel. Ce sentiment était surtout du au bruit de fond, des battements de cœur. De plus, il y avait beaucoup de matières froides, comme le fer, qui rendaient l’œuvre émouvante. Les manteaux par terre donnaient un sentiment de présence, malgré le fait que ces vêtements étaient comme abandonnés. La montagne de vêtements apportait une touche de couleur, mais on avait l’impression que cette montagne représentait des corps. Pour conclure, l’œuvre m’a évoqué un sentiment solennel. »
Marjorie Vinck

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« Grâce à la MGI, nous avons pu découvrir l’exposition de Christian Boltanski, intitulée Personnes. Ce titre à double sens m’apparaît comme très évocateur : on peut dans un sens se sentir entouré de beaucoup de monde, ou alors se sentir très seul. C’est exactement la sensation que j’ai ressentie dans cette exposition : une sorte d’oppression qui n’en finissait pas. Je ne savais plus trop quoi penser, en voyant tous ces vêtements étalés à même le sol, organisés en carrés. Etait-ce des personnes mortes, ou étaient-elles encore vivantes ? Et ces battements de cœur incessants, qui donnaient l’impression, malgré les habits vides de corps en apparence, qu’il y avait quand même de la vie sous eux. Même si j’avais laissé tous mes ressentis et émotions à l’entrée de l’exposition dans les casiers en fer rouillé, je ne me sentais pas totalement libérée. Sous une autre forme, j’ai trouvé cela esthétiquement très joli, en dépit du froid insistant tout au long de la visite. Finalement, cette exposition m’a permis de réfléchir et de me poser des questions : je ne suis pas venue en simple spectatrice, mais plutôt en actrice de celle-ci. »
Lisa Roncoroni

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« Cette exposition m’a paru intéressante, innovante et émouvante.
En effet, dès le début, les visiteurs sont confrontés à un mur très imposant, impressionnant, qui leur fait face.
Ce mur peut prendre des significations différentes selon les individus. Pour moi, il représente des casiers, qui visent à camoufler la suite de l’exposition.
La conférencière propose aux personnes d’y laisser, abstraitement, métaphoriquement, une chose précieuse à leurs yeux.
En découvrant l’amas de vêtements qui forme une pile de plusieurs mètres, la surprise, le questionnement sont au rendez-vous chez le spectateur. Le premier réflexe est donc de se demander quelles sont les significations, les symboles que l’auteur a voulu représenter, à travers cet étalage d’habits. Ces derniers sont exclusivement des hauts tels que des manteaux, des T-shirts, des pulls… En effet, avec ce style d’affaires, qui reflète la personnalité d’une personne, on pourra s’imaginer davantage l’individu anonyme, disparu, qui l’a possédé, contrairement aux pantalons qui sont, en général, similaires et peu colorés.
Ainsi, une atmosphère spectaculaire règne au Grand Palais, notamment grâce au lieu, et à l’infinité du nombre de vêtements.
La musique diffusée est un élément impressionnant et désagréable, dans le sens où ce son, un brouhaha continu et contemporain, met mal à l’aise et angoisse. En effet, la mélodie des cœurs inconnus nous oppresse, tout comme le cri strident de la grue qui est reliée à la montagne de chiffons. En effet, ces vêtements sont sales et vieux, et cela accentue notre peur concernant le dénouement du message qu’a voulu délivrer l’auteur.
Notre anxiété est due, notamment, à la présence de divers éléments qui renvoient à la mort. Le froid qui ne cesse de nous hanter lors de la visite est l’un de ces facteurs, et l’absence de toute représentation humaine en est un autre.
En résumé, on peut suggérer que l’auteur a voulu offrir une commémoration à ces êtres humains perdus, et qu’il désirait représenter le vide, ou encore la déshumanisation. »
Agathe Philippe

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« L’exposition Personnes, que nous avons été voir avant les vacances de février, est une exposition installée par Boltanski spécialement pour le Grand Palais. En rentrant dans le Grand Palais, après que nous ayons passé les bornes de sécurité, nous nous sommes retrouvés nez à nez avec un grand mur de fer rouillé, constitué d’une multitude de casiers. La conférencière nous a dit d’y mettre ce que l’on voulait. J’y ai mis ce qui me dérangeait le plus, au niveau physique et moral, au moment de l’expo.
Se retrouver face à face avec un mur est assez déstabilisant. Un bruit étrange résonnait derrière le mur. C’était assez inquiétant, je me demandais d’où il venait.
Ensuite, nous avons contourné cet obstacle et nous nous sommes retrouvés devant une montagne de vêtements, et devant plusieurs carrés composés de vêtements, étalés sur le sol, surmontés de barres de fer portant des néons. Les différences de tailles, couleurs, style, tissus, montraient que ces vêtements pouvaient appartenir à des femmes, des hommes, ou encore des enfants. Les personnes à qui appartiennent ces vêtements les ont sûrement prêtés, et viendront peut-être les récupérer. La conférencière nous a dit de choisir un vêtement, d’imaginer à qui il avait pu appartenir, de déterminer l’âge de la personne, de la décrire, de dire en quelles circonstances elle portait le vêtement.
Mon personnage est une petite fille, blonde, avec des cheveux bouclés : elle porte son pull pour faire un bonhomme de neige. Elle s’appelle Eléonore.
En mettant tous ces habits par terre, on enlève toute l’identité des personnes qui les portaient, et on peut ainsi imaginer l’histoire des personnes comme on veut.
Après, la conférencière nous a dit de courir, marcher, sauter, entre tous ces vêtements. Mais finalement, tout le monde s’est retrouvé à marcher au rythme du bruit constant que l’on entendait dans tout le Grand Palais. Ce bruit me faisait penser à un grand paquebot, dans lequel quelqu’un était en train de se noyer. Ce bruit de fond créait une atmosphère stressante, et le bruit de la grue qui relâchait les vêtements sur la montagne de vêtements était assourdissant.
Pensant me retrouver face à une exposition « ordinaire », l’atmosphère générale m’a semblé dérangeante, et stressante, et c’était amplifié par le rythme du bruit de fond et le son de la grue. De ce fait, je n’ai pas trop apprécié l’exposition de Boltanski, malgré son originalité.
Le titre, Personnes, a deux sens : personnes, dans le sens de beaucoup de monde, et personnes, dans le sens absence de monde. »
Anaïs Msika

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"L’exposition Personnes nous transporte ailleurs, dans un autre univers, que l’on se crée soi-même, composé d’émotions et de sentiments. L’univers mis en place par C. Boltanski est construit pour nous faire ressentir une multitude de sentiments et d’émotions. Ainsi, au travers des différentes installations telles que le mur en boîtes, les battements de cœur, les vêtements installés au sol entre quatre poteaux, la pyramide de vêtements, le bruit strident de la grue et le froid présent ce jour-là, nos émotions se mélangent et forment un tout. De plus, si l’on fixe notre attention sur un seul élément de l’exposition, les sentiments sont tout de même présents. De ce fait, il est intéressant de remarquer que si l’on prend le tout ou une partie du tout, la sensation sera la même. En effet, il s’agit d’une représentation active, dans laquelle le spectateur est amené à être acteur. »
Marie-Lou Montel

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« L’exposition installée au Grand Palais était une exposition dans laquelle on ressentait de la tristesse, à cause de la couleur des vêtements placés dans des carrés. Les battements de cœur me faisaient penser aux personnes qui avaient pu porter ces vêtements, et qui sont aujourd’hui décédées. Les différents battements de cœurs des carrés représentaient les différents types de personnes (enfants ou adultes), ainsi que différentes émotions (comme la peur). La disposition des vêtements me faisait penser aux camps de concentration. La pile de vêtements sous une grue qui les prenait et les laissait tomber de manière répétitive me faisait penser aux multiples barbaries que certains peuples ont connu il y a longtemps, et à ceux qui ont connu cela très récemment. Et le fait que le Grand Palais ressemble à une gare faisait penser aux trains qui conduisaient les Juifs dans les camps de concentration. »
Kelly Jakubowski



Publié dans Paroles d'élèves

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