Edito


TERRITOIRE EN DIRECT
étape 3 territoire(s) pluriel(s)
Le projet Territoire en direct a pour objectif d'accompagner les échanges entre les établissements scolaires et les établissements culturels d'un même territoire.
Pour favoriser ces liens, des ateliers de création (théâtre, vidéo, photographie...) dirigés par des artistes sont proposés aux professeurs dans le temps scolaire ou périscolaire.

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Paroles de profs

Jeudi 7 février 2008

Une classe de 6ème, 27 élèves divisés en deux groupes.
24 heures en partenariat avec la Maison du Geste et de l'Image.
Des artistes intervenants : Chantal Pétillot et Julien Gaillard.
Des professeurs : Maryline Bouchoucha (documentaliste), Mireille Giraudon (musique), Marie-Ange Lamende (français) et Georges Le Forestier (arts plastiques).
Deux contes : "La petite fille aux allumettes" d'Andersen et "Barbe Bleue" de Perrault.

Une aventure théâtrale, un parcours de 24 heures en atelier, ça ne peut pas se raconter. Ces moments de recherches, de tâtonnements, d'apprentissages, de jeu, de trac, toutes les émotions, les bribes d'histoires qui se construisent…, tout cela est "indicible". L'essentiel c'est de le vivre. Et pourtant, quand ces moments ont été riches, quand le plaisir a été grand, le désir de partager est là.

La rencontre avec un public est l'occasion de ce partage, de cet échange. Elle permet de faire sentir un peu de l'émotion qui a été là pendant le travail en atelier. Elle permet aussi de recevoir, en retour, un regard heureux. Cette rencontre a eu lieu avec un public de proches à la MGI, à la fin de l'atelier, le 30 novembre : encore un moment de bonheur.

Et, cette année, les élèves "dépositaires" des deux contes avaient en outre pour mission de les transmettre à d'autres élèves du collège et, pourquoi pas, à des élèves de CM2 de leur secteur. Ils ont mené cette mission audacieuse et difficile avec plaisir et rigueur. Le 11 décembre, une présentation a eu lieu au CDI du collège devant une classe de 5ème et un CM2 de l'école Paul Baudry, le 13 ils allaient à la rencontre des écoliers de Surène et le 15 janvier ils sont accueillis par l'école Monceau pour revivre ces moments de partage.

"Il est inutile d'illustrer, l'essentiel est invisible pour les yeux"…
Un immense BRAVO et MERCI à chaque élève de 6è C, à Chantal et à Julien, à toute l'équipe de la MGI, à vous tous qui avez été présents même quand nos "griots" étaient "en tournée".

Marie-Ange Lamende,  professeur de français
Atelier théâtre
Classe de 6e
Collège Octave Gréard
Paris 8e

 
Par Mgi
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Lundi 18 février 2008
par Christine Roussille, professeur de français

Au départ de l'aventure, trois désirs se sont rejoints :

- le souhait que l'on lise en classe des textes littéraires évoquant les deux guerres mondiales,
- l'opportunité d'un travail théâtral en collaboration avec la Maison du geste et de l'image,
- la volonté de s'approprier de façon différente un texte, de l'intégrer, de le faire circuler en soi, de le matérialiser physiquement et non de le décortiquer à l'aide de savoirs techniques.

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Présentation de l'atelier à la MGI

D'où l'idée, prise en commun, de faire se répondre, à travers les voix d'élèves de troisième, des lettres de poilus, de la première guerre mondiale, et celle de soldats allemands, abandonnés à Stalingrad en décembre 1943.
Objectifs : permettre une compréhension plus concrète des enjeux d'une guerre (...) générer une autre approche d'un texte littéraire et découvrir des moyens d'expression artistiques, tels le théâtre.

La classe a été divisée en deux. Chaque groupe était encadré par un professeur (Mireille Giraudon, professeur de musique et moi-même) et une comédienne.
Un premier groupe travaillait sur la guerre de 14-18, à partir de lettres de poilus issus d'une même famille, les Papillon - trois frères, une soeur et les parents - dont la correspondance a été retrouvée lors de la vente de la maison de famille.
L'autre groupe s'est appuyé sur les dernières lettres, jamais transmises à leurs destinataires, de soldats allemands indirectement condamnés à mourir à Stalingrad.
Chaque journée commençait par des exercices corporels, de relaxation, de concentration, de présentation de soi et de mémorisation.

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Puis un travail de jeux scéniques, de placement vocal,
de lecture des textes pour en découvrir le sens et le contexte.

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Les élèves choisissent les textes qu'ils ont envie de défendre personnellement.

Chacun devient responsable d'un déplacement, d'une attitude, d'un texte à donner au bon moment. Des chansons sont répétées en lien avec la période historique concernée.
Enfin, après une répétition générale et un filage technique (avec lumière et son), le travail est présenté en public devant les parents et une autre classe du collège.

La qualité du "spectacle" témoigne de l'engagement dont ont fait preuve les élèves pour s'approprier ce projet et profiter pleinement de ce moyen d'expression artistique.

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La comédienne et les élèves en plein travail

Sortir du cadre scolaire permet de découvrir les élèves sous un autre jour. Le bouleversement de la hiérarchie scolaire et l'introduction d'un regard nouveau sur eux permettent à certains de se métamorphoser.
Par Mgi
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Lundi 5 mai 2008
Le cinéma est une belle façon de redéfinir la vie de classe.




Surtout lorsqu'on arrive à l'heure des choix de montage: "Moi je mettrais plutôt un fondu-enchaîné, "Non il nous faut une voix off"...Chacun s'est approprié le film et voudrait que son point de vue l'emporte. Finalement la diplomatie l'emporte... Enfin, autant que ce mot puisse avoir du sens pour nos adolescents fébriles...
Par Mgi
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Lundi 7 juillet 2008

Un atelier plein de surprises et de rebondissements, d’émerveillement et de poésie. Tout au long de cette année scolaire, des élèves ont appris à se connaître et à connaître les autres, à se respecter et à s’écouter.

Quelques séances ont suffi pour que le groupe se constitue, trouve sa place et s’exprime. Des ateliers d’écriture ont permis à leur imagination de se libérer autour d’un projet qui ne manquait pas d’audace. Conquérir un territoire qui n’était pas le leur, aller à l’autre bout de Paris découvrir les Lilas.

Des séances parfois mouvementées où chacun cherchait à trouver sa place dans l’espace mais aussi dans la classe.  Rires et soupirs accompagnaient les moments de surprise et de fatigue.

Les élèves ont su faire face au changement d’intervenantes. Passer de Véronique, à Anne n’était pourtant pas évident mais ils ont senti qu’elles se connaissaient et qu’il n’y aurait pas de rupture profonde avec le travail déjà entrepris. Véronique a participé à leurs balbutiements, Anne à la mise en forme finale de leurs textes et de leurs jeux.

Ils ont arpenté Paris pour découvrir des lieux qui leur étaient inconnus. La Maison du geste et de l’image leur ouvrait ses portes pour des expériences nouvelles où le jeu théâtral prenait forme. Les enfants jouaient sous les regards attentifs de Myriam Cassan et Emmanuelle Burstein et ont apprécié l’accueil toujours chaleureux d’Evelyne Panato. Ils ont découvert les hommes de l’ombre ceux qui les mettaient sous les feux de la rampe : Ernesto et plus tard, Bogdan.
Ils sont ensuite allés Aux Lilas où les attendaient Claire Acquart qui leur a fait visiter son atelier et leur a préparé chaleureusement un délicieux goûter.

Un résultat  final impressionnant à Lilas en scène qui fut comme un énorme soupir après des mois de travail tendu. Le spectacle fut libérateur et la mise en scène soignée d’Anne Didon a su mettre en valeur des élèves qui ont besoin de l’être.

Une belle expérience que je souhaite renouveler avec la Maison du geste et de l’image pour son sérieux et son professionnalisme. J’ai apprécié la logistique offerte par la MGI, le soutien permanent de ceux qui y travaillent et le dialogue toujours possible, jamais interrompu et très formateur.
Gladys Verger (professeur de français)

Par Mgi
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Vendredi 17 octobre 2008
Compte-rendu sur l’activité théâtrale menée à la MGI
Thème : La guerre
classe : 3èmeC
Du 14 au 17-10

Descriptif des quatre journées :
   La classe était divisée en deux groupes, répartis de la façon la plus équilibrée possible, en tenant compte des critères suivants : garçons / filles ; personnalités réservées / affirmées ; bavards / discrets ; adolescents énergiques / calmes…
 A partir du même thème, les deux groupes travaillaient sur deux textes d’auteurs différents :


Les carnets de guerre de Vassily Grossman, sous la direction de Julien, comédien et metteur en scène

et

« La croisade des enfants », un poème de Berthold Brecht, sous la direction de Chantal, comédienne et metteur en scène.


 Nous étions quatre enseignants, présents à tour de rôle dans les deux groupes : Mme Aucuy, professeur d’histoire-géographie, Mme Giraudon, professeur de musique, Mme Lamende, professeur de français à la retraite et moi-même.
 Le travail était concentré sur une vingtaine d’heures, à la suite desquelles les adolescents devaient présenter à leurs camarades une esquisse de présentation du texte abordé.

    La première journée a consisté en une première approche de la période historique (non étudiée en classe à ce stade de l’année) et de l’auteur concerné.
 Julien a écouté individuellement les élèves sur les représentations qu’ils avaient de la guerre, via leur expérience personnelle (une élèves raconte ses séjours en Israël, un autre ce qu’il sait de l’histoire de sa famille, russe d’origine), ou par le biais du cinéma. Il leur présente des photographies, en lien avec les Carnets de guerre.

 Dans le groupe de Chantal, les élèves découvrent le poème de Brecht et doivent entourer les mots qui leur semblent personnellement important. Afin de recueillir leurs impressions personnelles sur la situation des enfants défavorisés ou malmenés par la guerre dans le monde, elle leur demande d’écrire quelques mots en commençant obligatoirement par « J’ai entendu dire, on m’a raconté, il paraît… ».

    Pour prendre possession de l’espace scénique, des exercices de relaxation, de diction, ou de déplacement harmonieux en groupe, en marchant puis en accélérant, sont proposés.  Julien insiste sur la concentration et l’écoute de l’autre. Il leur demande individuellement de prendre tout le temps dont ils ont besoin avant de donner leur texte.

 Chantal leur propose des improvisations pour approcher ce que ressentent les personnages qu’ils vont interpréter : manger avec délectation un minuscule morceau de pain, s’organiser entre jeunes pour composer un tableau vivant en lien avec le poème.

Les deuxième et troisième jours, après certains rituels de préparation physique (le « tigre » avec Chantal), le texte est travaillé plus en détails par chaque élève ; les comédiens insistent sur la nécessité d’articuler et de porter la voix pour être entendu du public.
 Peu à peu, à partir de moments improvisés, des tableaux apparaissent, qui seront retenus ou non.


Avec l’aide de Mireille Giraudon, Chantal travaillent le poème de façon chorale.

 Les élèves sont amenés à prendre conscience de mouvements parasites derrière lesquels ils croient se dissimuler mais qui attirent au contraire le regard.

    Le jeudi après-midi, la mise en place des lumières, avec Ernesto donne une ampleur nouvelle à ce qui n’est encore qu’une ébauche de travail. Les adolescents commencent à entrevoir de façon plus concrète ce qu’ils vont proposer au public. Julien joue sur la répétition volontaire de certains passages pour leur donner une ampleur nouvelle. Il s’appuiera sur la projection des photographies de guerre présentées aux élèves. De son côté Chantal a demandé à deux élèves germanistes du collège de venir enregistrer le poème de Brecht en allemand ; le texte sera diffusé pendant la représentation.

    Le dernier jour les deux groupes répètent chacun à leur tour sur le plateau, puis se présentent mutuellement leur travail avant de le proposer en public à une autre classe du collège, venue pour l’occasion, ainsi qu’à quelques parents ayant pu se libérer (ce dont nous les remercions !).

Impressions des enseignants et intervenants de la MGI :
    Ce que nous avions remarqué, mes collègues et moi-même, sur l’esprit positif et ouvert de cette classe, le sérieux et la capacité de concentration de ces élèves, leur envie d’apprendre et de s’enrichir dans l’écoute et le respect de l’autre, n’a fait que se confirmer lors de cette magnifique – quoique fatigante – semaine passée à la MGI. Nos élèves se sont montrés disponibles, consciencieux, respectueux des règles fixées au préalable. Sans perdre leur vivacité, leur énergie ni leurs particularités individuelles, ils ont su attendre et apprendre de l’adulte qui travaillait avec eux, même quand parfois ils étaient déroutés.
De notre côté, nous avons découvert de nouvelles facettes chez certains d’entre eux : les qualités esthétiques de Guillaume, les connaissances historiques précises de Vassily, l’énergie d’A la douce fermeté de J dans la direction des autres, les difficultés d’immobilité pour N et Q l’audace théâtrale d’A, n’hésitant pas à s’exposer, la capacité de concentration de S…
    Je crois pouvoir affirmer, au nom du public et de mes collègues, que nous avons tous été émus et impressionnés par la qualité de la présentation qu’ils nous ont proposée le vendredi après-midi. Pour ce qui est des objectifs qui sous-tendent ce projet, ils sont remplis en ce qui me concerne : nos élèves ont pleinement profité de l’espace d’expression nouveau qui leur était offert ; ils ont expérimenté la différence entre un savoir et une sensation, comprenant que des vies humaines se cachent derrière des dates et des chiffres historiques ;


ils ont goûté à la portée du silence dans un texte lu avec soin ;
enfin, et ce n’est pas le moins important, ils se sont découverts et soudés dans ce groupe classe.


Christine Roussille, professeur de français au collège Octave Gréard
Par Mgi
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