Edito


TERRITOIRE EN DIRECT
étape 3 territoire(s) pluriel(s)
Le projet Territoire en direct a pour objectif d'accompagner les échanges entre les établissements scolaires et les établissements culturels d'un même territoire.
Pour favoriser ces liens, des ateliers de création (théâtre, vidéo, photographie...) dirigés par des artistes sont proposés aux professeurs dans le temps scolaire ou périscolaire.

Calendrier

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Paroles d'artistes intervenants

Mercredi 27 février 2008
Compte rendu de l'atelier théâtre du 7 au 11 janvier et de celui du 29 janvier au 1er février avec les élèves du lycée Abbé Grégoire, et leurs enseignants: Monique Furst, José Gable, Fabrice Lassagne

par Marion Suzanne, comédienne

Les deux groupes, pourtant de même niveau scolaire et de même âge, étaient très différents. Je suis à chaque fois frappée par l’«atmosphère» qui se dégage d’un groupe. Et je tiens à ce que cette identité collective se reflète dans notre travail.

J’ai adopté pour les deux groupes le même principe de travail :
- Des exercices le matin pour leur faire envisager quels sont les outils dont on dispose au théâtre : le corps, la voix, le jeu collectif, l’espace, la lumière (tout cela de façon évidemment très succincte mais ludique).
- Puis des improvisations préparées autour d’un thème plus ou moins directif, avec des contraintes plus ou moins lourdes suivant le groupe. Le premier a dû ainsi préparer dès le premier jour, une présentation individuelle de soi par le théâtre ; chaque passage a été très dense et très surprenant. Ils m’ont impressionnée et se sont impressionnés les uns les autres ; le stage s’est mis sur de bons rails d’émulation.
- En fin de journée, chacun s’exprime sur ce qui l’a le plus marqué dans la journée. Je prends note de tout, tant du texte des improvisations que de leur souhait de voir figurer certaines choses au moment de la restitution.

Les deux premiers jours font donc l’objet d’un travail prospectif. Le matin du troisième jour, je leur lis le texte définitif fait d’éléments d’improvisations couturés pour qu’ils aient chacun un «rôle», le plus fidèle possible à leur proposition de départ, mais également une histoire qui tienne un peu le coup théâtralement. J’ajoute à cela des scènes du répertoire classique ou contemporain, très courtes et très en lien avec leurs propositions des improvisations. Le deuxième groupe s’est ainsi approprié Shakespeare avec une aisance déconcertante.
Nous abordons enfin la répétition, apprentissage du texte, mise en scène, interprétation, régie….

Le dernier jour est dédié à la restitution du travail : «générale», maquillage, costumes et présentation d’une vingtaine de minutes devant des enseignants qui découvrent (de leur propre aveu) les élèves sous un autre jour, devant les professionnels de la MGI toujours bienveillants et même parfois émus….
Ce type de travail, sur des temps très courts, est très intense, il faut garder en haleine toute une journée des élèves nombreux puis plancher sur le texte le soir. Mais c’est également extrêmement riche en enseignement sur ce qu'est vraiment  le théâtre, ce dont il est capable. Dans la plupart des cas, le théâtre parvient à magnifier les qualités de ces élèves souvent en échec scolaire.  Mais le plus surprenant c’est que ces mêmes élèves m’apprennent des choses formidables sur l’art théâtral. Pour conclure ce sont des aventures passionnantes.
Cela a été un plaisir de travailler avec les enseignants de ce lycée qui semblent très impliqués dans leur travail et très soucieux des élèves.
Par Mgi
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Vendredi 20 juin 2008
Voici trois ans qu'avec leur professeur Martine Provost, j'anime un atelier théâtre avec les mêmes enfants d'une classe de SEGPA du collège Jacques Prévert. Après Cervantès et Duras, nous abordons cette année la tragédie grecque :
l'Electre de Sophocle.

Nous essayons de dire ces mots très anciens, ceux d'un des débuts du théâtre.
Agamemnon est mort ; on l'a tué. Electre attend le retour de son frère Oreste pour que la vengeance puisse s'accomplir. Les parents, s'entre déchirant, on abandonné leurs responsabilités aux mains des enfants. Dans des mains d'enfants.
Les élèves ont l'âge exact des protagonistes de cette tragédie.
Présentation à la Maison du geste et de l'image vendredi 20 juin 2008 à 17h30.
Julien Gaillard, metteur en scène
Par Mgi
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Vendredi 24 octobre 2008
C'était intense de partager ces moments de théâtre avec les chers élèves de Christine Roussille. Toutes et tous courageux, créatifs et bien présents chaque journée, s'emparant et déployant leurs connaissances de TARTUFFE. Comme la vitalité de Molière leur va bien !

Mireille apporte avec elle des exercices pour la voix à la fois drôles et efficaces.

Emmanuelle et Mireille Giraudon

Ernesto crée une lumière, qui magnifie ces jeunes acteurs, actrices. Leur réaction est l'un des moments forts : "Ernesto le professionnel !".

Je voudrais souhaiter à tout le groupe ,à chacune, à chacun de continuer d'être ce qu'ils, elles sont, c'est à dire Magnifiques ! Ma foi!!

 Emmanuelle
Par Mgi
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Mercredi 22 avril 2009
Trois classes de sixième. Six heures pour partager ensemble une plongée dans le théâtre.


Ces trois classes ont des caractéristiques communes : elles réunissent des élèves qui ne connaissent pas le théâtre, qui n’y vont jamais hors du cadre scolaire et d’autres qui ont une pratique souvent stéréotypée d’activités artistiques et qui veulent refaire ce qu’ils connaissent déjà.


La matinée se divise en plusieurs temps d’exercices :
-    Le cercle parfait. Être présent à soi-même et aux autres instantanément ;
-    « Je ne suis pas n’importe qui ». Dans une société où l’on doit toujours prouver qu’on est quelqu’un, essayer de faire ressentir qu’il suffit d’être ;
-    Le théâtre grec. Replacer cette journée dans un cadre artistique (et non de pratique d’une « activité ») ; un art qui vient de loin, qui est né avec la démocratie et qui se transmet de bouche à oreille et de corps à corps depuis plus de deux mille ans. Une façon de leur faire sentir aux élèves qu’ils participent à une aventure millénaire.
-    L’art de regarder. La responsabilité du spectateur - il est celui qui voit tout et celui qui décide du sens de ce qu’il voit. La responsabilité de l’acteur - il donne à voir, il affirme quelque chose : expérience du courage à être sur un plateau.
-    Lecture du conte choisi (différent pour chacune des classes).
-    Discussion autour du conte à partir de laquelle se dégagent des centres d’intérêt, des lignes de forces qui ouvriront le travail de l’après-midi.


L’après-midi est consacré à la plongée dans le conte choisi par chaque classe.
Le choix s’est fait quelques semaines auparavant sur mes propositions.


Le Petit Poucet avec la sixième d’Anne Coolen.
Vassilissa la Très Belle avec la sixième de Francine Wallerand.

Blanche Neige avec la sixième d’Anne Rousseau

Comme toujours la qualité de la relation des élèves avec le ou les professeurs qui les accompagnent joue un rôle important dans le fonctionnement de l’atelier, et d’autant plus que ce temps est très court.

Ces parcours contradictoires se heurtent longtemps et c’est petit à petit, au cours de la journée, qu’ils prennent conscience qu’ils peuvent construire quelque chose en commun qui va ressembler à ce qu’ils sont ensemble et qui ne les annulera pas en tant qu’individus.
Un groupe de 17 volontaires issus des trois classes se forme, les séances hebdomadaires se déroulent dans une salle de classe du collège.
Il y a eu une séance de travail où d’un coup m’est apparue une évidence : chaque élève avait une raison personnelle et parfois secrète d’être là. Pour chacun d’entre eux, pratiquer cet art était relié à une nécessité intérieure et à l’ensemble de leurs « qualités ».
Chantal Petillot (comédienne)
Par Mgi
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Jeudi 4 juin 2009
Lors de la présentation de fin de parcours, Sophiatou Kossoko, en résidence au collège Jean Moulin a prononcé ces quelques mots :



Pour cette restitution ou mise en lumière des ateliers que nous avons fait depuis le mois octobre, nous allons partager avec vous des moments dans la lumière et dans le noir.

Le but était de visiter le processus de création de la pièce Mouvements-lumières, j’ai tenté avec l’aide de Frédérique, Paul-marie, François, Marie-Anne, Régis, Patrico, Anne, Mme Bétraoui, les professeurs de la classe,  impliqués dans le projet ; Mme Ferra et Mme Sertillange Jimmy et Rafael de partager avec les élèves de 6 ème D, le questionnement autour de la matière « noire » et de la lumière, être dans le noir, être dans la lumière, s’éclairer soit même, ses pensées, dire.

Extrait du duo céé par Sophiatou Kossoko pendant sa résidence

Les enfants étaient tantôt acteurs tantôt spectateurs.



Il m’a paru très important pendant  les ateliers d’aborder les notions de groupe et de l’individu, comment être ensemble ? Comment s’exprimer seul, à deux ?  Traverser nos peurs et accepter d’aller vers, l’autre, l’inconnu, sans artifice, recevoir et offrir ce que nous avons.

La lenteur, la rapidité, les sens, l’improvisation, la présence nue.


Nous avons abordé les notions de préparation du corps, échauffement, se préparer à, de répétition faire encore et encore, pour ressentir, échangé nos points de vus sans se juger, nous avons beaucoup parlé, trop parlé...

Par Mgi
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