Courteline, écriture et photo à la MGI - jour 2
Mardi 15 avril
C'est par l'appréhension que j'ai commencé la première matinée à la MGI. Des textes nous ont été lus et les exercices se rapportant à ces derniers me paraissaient légèrement difficiles et me laissaient perplexe.
Les textes des autres dévoilaient toujours un peu plus leurs souvenirs, leur personnalité; à chaque fois un eu plus d'eux-mêmes, ils étaient émouvants et on aurait bien aimé pouvoir en écouter davantage.
Les miens étaient plats, ennuyeux, ou ne faisaient appel à rien ou à des choses si subjectives...
Après avoir lu nos textes à voix haute, devant toute la classe, on les récrivait, et c'est dans ces moments-là que j'essayais d'approfondir ma recherche dans mon moi, et que j'exprimai plus clairement mes souvenirs et mes impressions. Non lus devant tout le monde, ils m'étaient toujours personnels, rien qu'à moi.
Les premières fois où l'on devait lire nos textes ont été les plus dures et je tremblais. Quand mon tour était passé, je soufflais de soulagement. C'était encore pire quand on a dû se lever, mais le deuxième jour, cette impression avait nettement diminué d'importance.
Atelier d'écriture : lecture du texte par le professeur de français, écriture rapide des élèves. Extrait d' Amos OZ, Une Histoire d'amour et de ténèbres. Lecture à voix haute, réécriture.
Je cours, toujours, inlassablement, renversant tout sur mon passage. Des chaises pourtant hautes et lourdes, une pile de journaux en instabilité précaire, des manteaux, accrochés au radiateur. Et moi, je ris. Je continue à courir. Et puis un tapis soudain sur ma route. Je tombe. Toujours ce même tapis d’ailleurs ! A croire qu’il ne m’aime pas beaucoup. Mon genou me fait mal. Je me relève, et m’apprête à continuer mais une main, une grande main, presque deux fois plus grande que ma petite menotte m’attrape. C’est ma maman. Elle me gronde puis m'empoigne brutalement. Elle me ramène dans ma chambre, m’habille. Toujours silencieuse, elle me conduit à l’école.
Cette cour carrée est pour moi symbole de liberté. Pas de maman pour m’interdire de courir partout ! Je sautille sur les cases de la marelle, toute heureuse de retrouver un de mes jeux favoris. A cloche-pied pour la première, la deuxième, la troisième case puis les pieds joints pour les cases quatre et cinq, à un seul pied pour la case six et pour finir encore les pieds joints sur les deux dernières cases.
Je cours vers le banc, proche du jardin de Monsieur Dubuisse, un bien méchant bonhomme. Le décor de la cour disparaît pour faire place à une mer fougueuse ; je me tiens debout sur le banc qui me sert de radeau. Une vague m’engloutit, moi et mon fier paquebot. Le jeu est fini, j’ai perdu cette fois mais j’ai confiance, j’aurai ma revanche.
Mon regard se tourne vers le bac à sable. Je veux y aller mais l’immense grille verte me fait barrage. Tant pis, j’irai me cacher autre part. Je marche vers le préau, et me glisse derrière les tables de ping-pong. Je me suis si souvent fait gronder pour cela, mais l’on y est si bien et on s’y sent tellement en sécurité.
Atelier d'écriture à partir de la (de) photo(s) d'enfance de chaque élève suivant un extrait du roman d'Anny Duperey, Le Voile noir.
Un vague, très vague souvenir d'une sensation d'enfance : cette cour fleurie où je trottine, dans l'espoir de pouvoir marcher un jour vite, aussi vite que ceux qui m'entouraient. Que d'efforts et d'encouragements! Apprendre à faire mes premiers pas a été, certes, difficiles, certaines chutes ont été douloureuses, mais j'étais tellement encouragée!
Ce qui me fascine sur ces photos, c'est ma bouille captivée par ce que je fais et l'endroit où je vais.
Je me souviens que les fleurs qui occupent les côtés de la cour m'amusent beaucoup: j'aime les arracher pour les avoir dans les mains et les caresser, mais je ne pense pas avoir essayé de les manger. J'aime aussi mes petites formes rondelettes de bébé. La petite charlotte, qui ne me quitte pas, protège ma frimousse ronde du soleil.
Je me souviens des fous rires vécus et des larmes versées pour je ne sais quelles raisons. Je me souviens aussi de ma chambre où, à l'heure de la sieste, parmi mes peluches, je jette ma "totote" en dehors de mon lit à barreaux blancs rien que pour embêter maman, je la rends folle, je fais ça très bien.
Après avoir pris la photo, mes parents ont dû continuer à me regarder trottiner, aller et venir dans tous les sens, vers mes amies les fleurs, mais aussi vers le portail que je tentais d'ouvrir tant bien que mal et dont je trouvais que la poignée était bien trop haute.
C'est une journée ordinaire, je vais chercher du pain avec mon père. Je suis vêtu d'un blouson en cuir,d'un pantalon noir et de chaussures également en cuir. Moi et mon papa rentrons dans la rue lorsque je réclame une religieuse au chocolat. Dans un premier temps mon père me dispute en disant: " je ne vais pas aller chercher un gâteau dans une boulangerie avec du pain que j'ai acheté précédemment dans une autre boulangerie". Mais en insistant, je fais céder mon père qui me laisse avec le pain dans la rue le temps qu'il aille chercher mon gâteau. Il part et tout d'un coup un homme s'approche de moi, mon père arrive quelques secondes plus tard. L'homme est muni d'un appareil photo. Il demande à mon père s'il peut prendre une photo de moi avec le pain,alors mon père l'y autorise.
En voyant ce monsieur s'approcher, j'ai peur, il peut me kidnapper mais quand je vois que mon père arrive et que l'homme veut juste prendre un photo ça me soulage.
J’ai choisi cette photo parce qu’elle me rappelle de bons souvenirs avec mon frère. Je peux réfléchir à ce qu'on était avant, à la façon dont on a changé, à l’insouciance à cet âge, .. Je me rappelle aussi assez bien de ce bel après-midi ensoleillé.
Le vent sur mon visage, allongé sur la matière dure et froide de la fontaine de Reuilly, mon frère à mes côtés, tout près de moi. On sourit. On est heureux. Ce manteau. Ce manteau dont je devais retrousser les manches parce qu’elles étaient trop grandes pour moi et me faisaient mal aux poignets. Vous savez, ces manches froncées avec des élastique, dures et qui râpent la peau… CE manteau. Si chaud, si moelleux, si douillet, si confortable, avec ses petites fleurs.
Ah, comme j’ai regretté quand il ne m’est plus allé, je m’en souviens comme si c'était avant-hier.
Mes cheveux. Attachés, ils sont toujours partis en vrille au niveau des tempes : des frisottis. Mon énorme front. Mon frère. Nos sourires. Sa chemise à carreaux. Ses yeux pétillants.
Maman, derrière son objectif, coupe au carré, grosses lunettes rondes à la mode des années je-ne-sais-pas-combien, sa jolie tenue en jean et son petit foulard bleu assortis. Elle avait sûrement dû dire : « Cheeeeeeeese ! » au moment de prendre la photo.
Après le clic sonore, je pense que j’ai dû me lever rapidement et soit entreprendre un parcours autour de la fontaine en rigolant et sautant partout, soit rejoindre, toujours rapidement Maman et m’écrier : « Axel ! Viens ! ».
Quoique je fisse , nous avons sûrement dû rentrer tous les trois, tranquillement.
Atelier photo

On a fait le même travail que le premier jour avec l'autre moitié de la classe. On a vérifié et classé les photos de lundi et on a repris des portraits de ceux qui n'avaient pas de bonnes photos.
On a commencé à faire des fichiers pour chaque élève sur l'ordinateur d' Hanna.
On a fait des photos de l'oeil avec le reflet de la rue, en macro, avec un objectif de 105 macro. Excitation générale.
On a photographié nos photos d'enfance et déchargé sur l'ordinateur d' Hanna les photos de notre territoire que nous avions apportées sur nos clés. Nous les avons classées dans nos dossiers
C'est par l'appréhension que j'ai commencé la première matinée à la MGI. Des textes nous ont été lus et les exercices se rapportant à ces derniers me paraissaient légèrement difficiles et me laissaient perplexe.
Les textes des autres dévoilaient toujours un peu plus leurs souvenirs, leur personnalité; à chaque fois un eu plus d'eux-mêmes, ils étaient émouvants et on aurait bien aimé pouvoir en écouter davantage.
Les miens étaient plats, ennuyeux, ou ne faisaient appel à rien ou à des choses si subjectives...
Après avoir lu nos textes à voix haute, devant toute la classe, on les récrivait, et c'est dans ces moments-là que j'essayais d'approfondir ma recherche dans mon moi, et que j'exprimai plus clairement mes souvenirs et mes impressions. Non lus devant tout le monde, ils m'étaient toujours personnels, rien qu'à moi.
Les premières fois où l'on devait lire nos textes ont été les plus dures et je tremblais. Quand mon tour était passé, je soufflais de soulagement. C'était encore pire quand on a dû se lever, mais le deuxième jour, cette impression avait nettement diminué d'importance.
Atelier d'écriture : lecture du texte par le professeur de français, écriture rapide des élèves. Extrait d' Amos OZ, Une Histoire d'amour et de ténèbres. Lecture à voix haute, réécriture.
Je cours, toujours, inlassablement, renversant tout sur mon passage. Des chaises pourtant hautes et lourdes, une pile de journaux en instabilité précaire, des manteaux, accrochés au radiateur. Et moi, je ris. Je continue à courir. Et puis un tapis soudain sur ma route. Je tombe. Toujours ce même tapis d’ailleurs ! A croire qu’il ne m’aime pas beaucoup. Mon genou me fait mal. Je me relève, et m’apprête à continuer mais une main, une grande main, presque deux fois plus grande que ma petite menotte m’attrape. C’est ma maman. Elle me gronde puis m'empoigne brutalement. Elle me ramène dans ma chambre, m’habille. Toujours silencieuse, elle me conduit à l’école.
Cette cour carrée est pour moi symbole de liberté. Pas de maman pour m’interdire de courir partout ! Je sautille sur les cases de la marelle, toute heureuse de retrouver un de mes jeux favoris. A cloche-pied pour la première, la deuxième, la troisième case puis les pieds joints pour les cases quatre et cinq, à un seul pied pour la case six et pour finir encore les pieds joints sur les deux dernières cases.
Je cours vers le banc, proche du jardin de Monsieur Dubuisse, un bien méchant bonhomme. Le décor de la cour disparaît pour faire place à une mer fougueuse ; je me tiens debout sur le banc qui me sert de radeau. Une vague m’engloutit, moi et mon fier paquebot. Le jeu est fini, j’ai perdu cette fois mais j’ai confiance, j’aurai ma revanche.
Mon regard se tourne vers le bac à sable. Je veux y aller mais l’immense grille verte me fait barrage. Tant pis, j’irai me cacher autre part. Je marche vers le préau, et me glisse derrière les tables de ping-pong. Je me suis si souvent fait gronder pour cela, mais l’on y est si bien et on s’y sent tellement en sécurité.
Charlotte
Atelier d'écriture à partir de la (de) photo(s) d'enfance de chaque élève suivant un extrait du roman d'Anny Duperey, Le Voile noir.
Un vague, très vague souvenir d'une sensation d'enfance : cette cour fleurie où je trottine, dans l'espoir de pouvoir marcher un jour vite, aussi vite que ceux qui m'entouraient. Que d'efforts et d'encouragements! Apprendre à faire mes premiers pas a été, certes, difficiles, certaines chutes ont été douloureuses, mais j'étais tellement encouragée!
Ce qui me fascine sur ces photos, c'est ma bouille captivée par ce que je fais et l'endroit où je vais.
Je me souviens que les fleurs qui occupent les côtés de la cour m'amusent beaucoup: j'aime les arracher pour les avoir dans les mains et les caresser, mais je ne pense pas avoir essayé de les manger. J'aime aussi mes petites formes rondelettes de bébé. La petite charlotte, qui ne me quitte pas, protège ma frimousse ronde du soleil.
Je me souviens des fous rires vécus et des larmes versées pour je ne sais quelles raisons. Je me souviens aussi de ma chambre où, à l'heure de la sieste, parmi mes peluches, je jette ma "totote" en dehors de mon lit à barreaux blancs rien que pour embêter maman, je la rends folle, je fais ça très bien.
Après avoir pris la photo, mes parents ont dû continuer à me regarder trottiner, aller et venir dans tous les sens, vers mes amies les fleurs, mais aussi vers le portail que je tentais d'ouvrir tant bien que mal et dont je trouvais que la poignée était bien trop haute.
Jessica
C'est une journée ordinaire, je vais chercher du pain avec mon père. Je suis vêtu d'un blouson en cuir,d'un pantalon noir et de chaussures également en cuir. Moi et mon papa rentrons dans la rue lorsque je réclame une religieuse au chocolat. Dans un premier temps mon père me dispute en disant: " je ne vais pas aller chercher un gâteau dans une boulangerie avec du pain que j'ai acheté précédemment dans une autre boulangerie". Mais en insistant, je fais céder mon père qui me laisse avec le pain dans la rue le temps qu'il aille chercher mon gâteau. Il part et tout d'un coup un homme s'approche de moi, mon père arrive quelques secondes plus tard. L'homme est muni d'un appareil photo. Il demande à mon père s'il peut prendre une photo de moi avec le pain,alors mon père l'y autorise.
En voyant ce monsieur s'approcher, j'ai peur, il peut me kidnapper mais quand je vois que mon père arrive et que l'homme veut juste prendre un photo ça me soulage.
Mickaël
J’ai choisi cette photo parce qu’elle me rappelle de bons souvenirs avec mon frère. Je peux réfléchir à ce qu'on était avant, à la façon dont on a changé, à l’insouciance à cet âge, .. Je me rappelle aussi assez bien de ce bel après-midi ensoleillé.
Le vent sur mon visage, allongé sur la matière dure et froide de la fontaine de Reuilly, mon frère à mes côtés, tout près de moi. On sourit. On est heureux. Ce manteau. Ce manteau dont je devais retrousser les manches parce qu’elles étaient trop grandes pour moi et me faisaient mal aux poignets. Vous savez, ces manches froncées avec des élastique, dures et qui râpent la peau… CE manteau. Si chaud, si moelleux, si douillet, si confortable, avec ses petites fleurs.
Ah, comme j’ai regretté quand il ne m’est plus allé, je m’en souviens comme si c'était avant-hier.
Mes cheveux. Attachés, ils sont toujours partis en vrille au niveau des tempes : des frisottis. Mon énorme front. Mon frère. Nos sourires. Sa chemise à carreaux. Ses yeux pétillants.
Maman, derrière son objectif, coupe au carré, grosses lunettes rondes à la mode des années je-ne-sais-pas-combien, sa jolie tenue en jean et son petit foulard bleu assortis. Elle avait sûrement dû dire : « Cheeeeeeeese ! » au moment de prendre la photo.
Après le clic sonore, je pense que j’ai dû me lever rapidement et soit entreprendre un parcours autour de la fontaine en rigolant et sautant partout, soit rejoindre, toujours rapidement Maman et m’écrier : « Axel ! Viens ! ».
Quoique je fisse , nous avons sûrement dû rentrer tous les trois, tranquillement.
Alix
Atelier photo

On a fait le même travail que le premier jour avec l'autre moitié de la classe. On a vérifié et classé les photos de lundi et on a repris des portraits de ceux qui n'avaient pas de bonnes photos.
On a commencé à faire des fichiers pour chaque élève sur l'ordinateur d' Hanna.
On a fait des photos de l'oeil avec le reflet de la rue, en macro, avec un objectif de 105 macro. Excitation générale.
On a photographié nos photos d'enfance et déchargé sur l'ordinateur d' Hanna les photos de notre territoire que nous avions apportées sur nos clés. Nous les avons classées dans nos dossiers
L'équipe de reportage.
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