La guerre au travers d'une activité théâtrale

Publié le par Mgi

Compte-rendu sur l’activité théâtrale menée à la MGI
Thème : La guerre
classe : 3èmeC
Du 14 au 17-10

Descriptif des quatre journées :
   La classe était divisée en deux groupes, répartis de la façon la plus équilibrée possible, en tenant compte des critères suivants : garçons / filles ; personnalités réservées / affirmées ; bavards / discrets ; adolescents énergiques / calmes…
 A partir du même thème, les deux groupes travaillaient sur deux textes d’auteurs différents :


Les carnets de guerre de Vassily Grossman, sous la direction de Julien, comédien et metteur en scène

et

« La croisade des enfants », un poème de Berthold Brecht, sous la direction de Chantal, comédienne et metteur en scène.


 Nous étions quatre enseignants, présents à tour de rôle dans les deux groupes : Mme Aucuy, professeur d’histoire-géographie, Mme Giraudon, professeur de musique, Mme Lamende, professeur de français à la retraite et moi-même.
 Le travail était concentré sur une vingtaine d’heures, à la suite desquelles les adolescents devaient présenter à leurs camarades une esquisse de présentation du texte abordé.

    La première journée a consisté en une première approche de la période historique (non étudiée en classe à ce stade de l’année) et de l’auteur concerné.
 Julien a écouté individuellement les élèves sur les représentations qu’ils avaient de la guerre, via leur expérience personnelle (une élèves raconte ses séjours en Israël, un autre ce qu’il sait de l’histoire de sa famille, russe d’origine), ou par le biais du cinéma. Il leur présente des photographies, en lien avec les Carnets de guerre.

 Dans le groupe de Chantal, les élèves découvrent le poème de Brecht et doivent entourer les mots qui leur semblent personnellement important. Afin de recueillir leurs impressions personnelles sur la situation des enfants défavorisés ou malmenés par la guerre dans le monde, elle leur demande d’écrire quelques mots en commençant obligatoirement par « J’ai entendu dire, on m’a raconté, il paraît… ».

    Pour prendre possession de l’espace scénique, des exercices de relaxation, de diction, ou de déplacement harmonieux en groupe, en marchant puis en accélérant, sont proposés.  Julien insiste sur la concentration et l’écoute de l’autre. Il leur demande individuellement de prendre tout le temps dont ils ont besoin avant de donner leur texte.

 Chantal leur propose des improvisations pour approcher ce que ressentent les personnages qu’ils vont interpréter : manger avec délectation un minuscule morceau de pain, s’organiser entre jeunes pour composer un tableau vivant en lien avec le poème.

Les deuxième et troisième jours, après certains rituels de préparation physique (le « tigre » avec Chantal), le texte est travaillé plus en détails par chaque élève ; les comédiens insistent sur la nécessité d’articuler et de porter la voix pour être entendu du public.
 Peu à peu, à partir de moments improvisés, des tableaux apparaissent, qui seront retenus ou non.


Avec l’aide de Mireille Giraudon, Chantal travaillent le poème de façon chorale.

 Les élèves sont amenés à prendre conscience de mouvements parasites derrière lesquels ils croient se dissimuler mais qui attirent au contraire le regard.

    Le jeudi après-midi, la mise en place des lumières, avec Ernesto donne une ampleur nouvelle à ce qui n’est encore qu’une ébauche de travail. Les adolescents commencent à entrevoir de façon plus concrète ce qu’ils vont proposer au public. Julien joue sur la répétition volontaire de certains passages pour leur donner une ampleur nouvelle. Il s’appuiera sur la projection des photographies de guerre présentées aux élèves. De son côté Chantal a demandé à deux élèves germanistes du collège de venir enregistrer le poème de Brecht en allemand ; le texte sera diffusé pendant la représentation.

    Le dernier jour les deux groupes répètent chacun à leur tour sur le plateau, puis se présentent mutuellement leur travail avant de le proposer en public à une autre classe du collège, venue pour l’occasion, ainsi qu’à quelques parents ayant pu se libérer (ce dont nous les remercions !).

Impressions des enseignants et intervenants de la MGI :
    Ce que nous avions remarqué, mes collègues et moi-même, sur l’esprit positif et ouvert de cette classe, le sérieux et la capacité de concentration de ces élèves, leur envie d’apprendre et de s’enrichir dans l’écoute et le respect de l’autre, n’a fait que se confirmer lors de cette magnifique – quoique fatigante – semaine passée à la MGI. Nos élèves se sont montrés disponibles, consciencieux, respectueux des règles fixées au préalable. Sans perdre leur vivacité, leur énergie ni leurs particularités individuelles, ils ont su attendre et apprendre de l’adulte qui travaillait avec eux, même quand parfois ils étaient déroutés.
De notre côté, nous avons découvert de nouvelles facettes chez certains d’entre eux : les qualités esthétiques de Guillaume, les connaissances historiques précises de Vassily, l’énergie d’A la douce fermeté de J dans la direction des autres, les difficultés d’immobilité pour N et Q l’audace théâtrale d’A, n’hésitant pas à s’exposer, la capacité de concentration de S…
    Je crois pouvoir affirmer, au nom du public et de mes collègues, que nous avons tous été émus et impressionnés par la qualité de la présentation qu’ils nous ont proposée le vendredi après-midi. Pour ce qui est des objectifs qui sous-tendent ce projet, ils sont remplis en ce qui me concerne : nos élèves ont pleinement profité de l’espace d’expression nouveau qui leur était offert ; ils ont expérimenté la différence entre un savoir et une sensation, comprenant que des vies humaines se cachent derrière des dates et des chiffres historiques ;


ils ont goûté à la portée du silence dans un texte lu avec soin ;
enfin, et ce n’est pas le moins important, ils se sont découverts et soudés dans ce groupe classe.


Christine Roussille, professeur de français au collège Octave Gréard
Publicité

Publié dans Paroles de profs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article